Quel est l'impact sur les adolescents de passer des heures à faire défiler leur écran ?

Temps de lecture: 20 min
Lorsque les vidéos s'enchaînent les unes après les autres, les jeunes ont du mal à poser leur smartphone. Mais quelles sont les conséquences de ce défilement sans fin ? Et comment les parents peuvent-ils accompagner leurs enfants de manière avisée dans leur quotidien médiatique ?
Texte : Florin Schranz

Photo : Getty Images

Une pièce sombre. Une lumière bleue sur le visage. Le pouce défile plus vite que l'esprit ne réfléchit. Encore une vidéo. Encore une. Encore une. 23 h 48, quelque part dans une chambre d'ado. La lumière est éteinte, seul le portable brille. Des visages apparaissent puis disparaissent. Des danses, des rires, une blague, une astuce, un chat. Cinq secondes. Dix secondes.

En réalité, ce garçon de 14 ans avait l'intention de poser son téléphone portable après avoir regardé quelques vidéos. Mais chaque nouvelle vidéo le retient un peu plus longtemps – et repousse encore l'heure du coucher. Le lendemain matin, le réveil sonne bien trop tôt et il se demande, encore à moitié endormi : « Pourquoi je n'ai pas arrêté plus tôt ? »

Beaucoup connaissent ça. Juste un petit coup d'œil pour voir ce que font les amis… et soudain, 40 minutes se sont écoulées. Voire plus. On perd la notion du temps entre deux vidéos. Ce phénomène, appelé «défilement infini», touche toutes les tranches d'âge. Mais il peut avoir des conséquences particulièrement graves pour les adolescents, car leur cerveau est encore en plein développement.

Risques à différents niveaux

Mais quel est exactement l'impact sur le cerveau des adolescents lorsqu'une vidéo succède à une autre ? Quels sont les dangers du défilement et qui en tire profit ? Et comment les parents peuvent-ils réagir lorsque leur enfant ne peut ou ne veut pas lâcher son téléphone portable ?

Pour répondre à ces questions et à bien d'autres, nous avons interrogé trois experts : Oliver Bilke-Hentsch, médecin-chef du service de psychiatrie infantile et juvénile de la clinique psychiatrique de Lucerne, Daniel Wolff, formateur en numérique et ancien correspondant dans la Silicon Valley, ainsi queDaniel Süss, professeur de psychologie des médias à la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW).

« Il faut souvent plus d'énergie pour fermer l'application que pour continuer à la consulter », explique Daniel Süss, psychologue des médias.

Une chose est sûre : l'utilisation intensive des médias numériques comporte des risques à plusieurs niveaux. D'un commun accord, les experts dressent un tableau dans lequel les médias numériques n'offrent pas seulement des opportunités, mais ont également une influence négative sur le développement, la psychologie et les compétences sociales des jeunes.    

Les mécanismes qui régissent le défilement

« Depuis environ 15 ans, l'utilisation des smartphones nous pose un nouveau problème majeur », explique Oliver Bilke-Hentsch. « Partout, on voit des gens constamment absorbés par leurs appareils. » Derrière ce défilement sans fin se cache une stratégie bien pensée. Selon Daniel Süss, des fonctionnalités telles que le « défilement infini » sont délibérément « addictives par conception », c'est-à-dire conçues pour qu'il soit le plus difficile possible de quitter les applications. En effet, il faut souvent plus d'énergie pour fermer l'application que pour simplement continuer à la consulter.

Le fait de s'habituer à des contenus courts et chargés en émotions rend difficile pour de nombreux jeunes de se concentrer longtemps sur des textes complexes.

Oliver Bilke-Hentsch, psychiatre pour enfants et adolescents

La raison réside dans le cerveau : les contenus courts et chargés d'émotions activent le système de récompense et entraînent la libération de dopamine, l'hormone du bonheur . Conséquence : l'utilisateur en redemande et se retrouve pris dans une boucle numérique sans fin dont il ne peut plus sortir. Le principe de la récompense intermittente est particulièrement efficace : comme on ne sait pas si la prochaine vidéo sera particulièrement intéressante, cela crée une attente qui incite à continuer à faire défiler le contenu – un peu comme sur une machine à sous.

Comme le souligne le pédopsychiatre Bilke-Hentsch, ce processus commence même plus tôt : le simple fait d'anticiper une récompense déclenche une réaction dans le cerveau avant même que l'application ne soit ouverte. L'enfant devient alors en quelque sorte le chien de Pavlov, et le téléphone portable, la friandise.

Ce que le défilement provoque dans le cerveau des adolescents

Pour Süss et Bilke-Hentsch, le plus grand défi réside dans le domaine du développement cognitif. L'accoutumance à des contenus courts et chargés en émotions rend difficile pour de nombreux jeunes de se concentrer plus longtemps sur des textes complexes ou des tâches exigeantes. Leur attention se disperse plus vite et leur patience diminue.

Bilke-Hentsch met en garde contre le fait que le défilement incessant perturbe l'état de repos du cerveau – cet état nécessaire au transfert des informations de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme.

Ces plateformes ont pour objectif de retenir l'attention le plus longtemps possible et d'en tirer un profit économique.

Daniel Wolff, formateur en numérique

Les comportements sociaux évoluent eux aussi. En raison du temps considérable que cela leur prend, les adolescents négligent les «vrais contacts» et le smartphone pourrait même, surtout en période de crise, se substituer complètement aux interactions humaines, selon Bilke-Hentsch.

Faire défiler : Elijah a des horaires d'écran clairement définis
« Quand mon temps d'écran est épuisé, ça m'agace parfois un peu, mais en même temps, je suis content de ne plus être sur mon téléphone », explique Elijah, 13 ans.

Le pédopsychiatre évoque également un risque d'engourdissement émotionnel dû à des contenus extrêmes, ainsi qu'une fuite vers des univers numériques prévisibles. Le risque est bien sûr particulièrement élevé pour les enfants et les adolescents présentant une prédisposition à ce phénomène, comme par exemple ceux issus de familles ayant des antécédents de dépendance.

Fort effet d'attraction des plateformes

Daniel Wolff, formateur en numérique, constate surtout des conséquences concrètes au quotidien. Dans le cadre de son travail auprès des familles, il constate que l'attrait irrésistible des plateformes pousse les enfants et les adolescents à utiliser leurs appareils en cachette, même la nuit, à entrer en contact avec les médias numériques de plus en plus tôt et à être parfois exposés à des contenus problématiques.

Ces premières expériences marquent durablement la manière dont on utilise les médias numériques: beaucoup développent un comportement d'utilisation fortement axé sur la gratification immédiate et la disponibilité permanente. Wolff parle dans ce contexte d'un « conditionnement erroné », dans lequel se fixent des habitudes qu'il est ensuite difficile de briser.

Dans le même temps, il critique le rôle des plateformes elles-mêmes. Celles-ci seraient délibérément conçues pour retenir l'attention le plus longtemps possible et en tirer ainsi un profit économique.  

Daniel Süss se montre lui aussi critique : selon lui, des mécanismes tels que le « défilement infini » ou les récompenses aléatoires sont délibérément conçus pour fidéliser les utilisateurs le plus longtemps possible. Le psychologue des médias dresse néanmoins un tableau plus nuancé.

Ce n'est pas tant la durée d'utilisation qui importe, mais plutôt la question de savoir si la consommation de médias restreint réellement la vie quotidienne.

Daniel Süss, psychologue des médias

La consommation des médias restreint-elle réellement la vie quotidienne ?

Daniel Süss reconnaît tout à fait qu'une utilisation intensive des réseaux sociaux, et la comparaison de sa propre vie avec les aspects idylliques mis en scène par les autres qui en découle, peut accentuer la solitude et le sentiment d'infériorité. Il souligne toutefois également que ces espaces en ligne peuvent favoriser les échanges entre personnes partageant les mêmes idées et créer un sentiment d'appartenance. Cela revêt une importance particulière pour les jeunes qui se sentent exclus ou incompris.

Son point de vue sur le développement psychique est tout aussi nuancé. Une utilisation excessive peut compliquer la concentration, explique Süss. Dans le même temps, il met en garde contre les conclusions hâtives selon lesquelles cette utilisation excessive serait, par exemple, à l'origine du TDAH. Selon lui, ce n'est pas tant la durée d'utilisation qui est déterminante, mais plutôt la question de savoir si la consommation de médias restreint réellement la vie quotidienne.

Interrompre volontairement le défilement

Il est donc essentiel de ne pas se laisser distraire en permanence par son smartphone et d'interrompre volontairement le défilement. Les jeunes se rendent généralement compte eux-mêmes que c'est nécessaire et que cela les aide à mieux se concentrer sur d'autres contenus.

Daniel Wolff, formateur en numérique : « En Chine, les enfants ne peuvent utiliser TikTok que pendant 40 minutes au maximum. La nuit, ces plateformes sont désactivées. »

C'est le cas d'Elijah, 13 ans, élève de 5e au collège d'Adelboden. Là-bas, les jeunes doivent remettre leurs téléphones portables pendant toute la journée d'école et ses parents lui imposent un temps d'écranréglementé .« Quand mon temps d'écran est écoulé, ça m'agace parfois un peu, mais en même temps, je suis content de ne plus être sur mon téléphone », explique Elijah.

La Chine réglemente les plateformes de manière beaucoup plus stricte

Se fixer des limites, respecter des contraintes de temps : comment les jeunes pourraient-ils y parvenir, alors que même les adultes ont du mal à le faire ? Selon des experts comme Daniel Wolff, les mesures classiques – telles que la limitation du temps passé devant les écrans ou les bloqueurs d'applications –, telles qu'elles sont disponibles dans notre pays, s'avèrent souvent insuffisantes. Les utilisateurs les contournent ou les désactivent, car elles sont trop restrictives et ne s'intègrent pas dans leur quotidien.  

Ailleurs, on est déjà bien plus avancé – et plus radical : « Même si je ne suis pas fan du Parti communiste, la Chine sait depuis longtemps comment fonctionnent ces applications. Sur « Douyin », le TikTok chinois destiné aux enfants, les vidéos sont strictement modérées et, au bout de 40 minutes, un enfant ne peut plus utiliser Douyin, qu'il le veuille ou non », explique Wolff.

Il y a quelque temps déjà, Douyin a mis en place une fonctionnalité qui impose, après une certaine durée d'utilisation, des pauses obligatoires de 5 secondes entre les vidéos. Pendant ce temps, une image fixe ou une courte vidéo s'affiche avec des messages tels que : « Pose ton téléphone », « Va dormir » ou « Tu travailleras demain ». Ces pauses ne peuvent pas être simplement ignorées d'un simple geste. Ces délimitations brèves ou subtiles sont appelées « micro-boundaries ».

Douyin : un outil d'apprentissage et pas seulement un passe-temps

En Chine, le mode « Jeunes » est obligatoire sur les réseaux sociaux pour les enfants de moins de 14 ans. Dans ce mode, l'utilisation est limitée à 40 minutes par jour. De plus, Douyin ne peut pas empêcher les enfants de dormir : entre 22 h et 6 h, l'application est complètement bloquée.  

Dans le mode jeunesse chinois, l'algorithme est lui aussi totalement différent. Plutôt que du simple divertissement, ce sont des contenus éducatifs qui sont privilégiés pour les enfants : expériences scientifiques, visites guidées de musées, explications historiques ou contenus patriotiques et non critiques à l'égard du Parti. L'objectif est de positionner Douyin davantage comme un outil d'apprentissage que comme une simple machine à passer le temps.

Les interdictions ne font que donner un faux sentiment de sécurité aux responsables politiques et aux parents, tandis que les jeunes contournent ces blocages à l'aide de VPN et se tournent vers des espaces non réglementés.

Daniel Süss, psychologue des médias

Les enfants ont besoin d'un accompagnement étroit de la part de leurs parents

Mais aussi rassurant et réconfortant que cela puisse paraître pour les parents, ils ne peuvent pas se soustraire à un accompagnement étroit de leurs enfants au quotidien – les trois experts sont unanimes sur ce point. Daniel Wolff qualifie les échanges sur la consommation médiatique des enfants et des adolescents de «vitales» pour ces derniers.

Concrètement, soulignent les experts, cela signifie que les parents devraient s'asseoir avec leurs enfants et examiner ensemble les contenus qui leur sont proposés sur les réseaux sociaux. Il est également important de discuter de ce qui les inquiète et d'éviter les tabous, par exemple en abordant ouvertement des sujets tels que la sexualité ou l'image de soi.

Consommation problématique des médias : « Comme pour toute addiction, l'augmentation de la dose est un signal d'alarme clair », explique le psychiatre Oliver Bilke-Hentsch.

Il s'agit également de faire comprendre aux enfants que de nombreux contenus ne visent pas en premier lieu à informer, mais sont conçus pour les garder devant l'écran le plus longtemps possible, car les entreprises gagnent de l'argent grâce à leur attention.

Une telle communication ouverte peut en outre contribuer à éviter l'isolement, en particulier chez les adolescents qui, sans cela, se replieraient sur des forums en ligne fréquentés par des jeunes de leur âge confrontés à des problèmes similaires. Dans certains cas, ces forums peuvent s'avérer utiles. Cependant, les parents doivent rester un point de repère auprès duquel les enfants se sentent en sécurité et peuvent ainsi parler de leurs craintes et de leurs besoins.

À quoi sert d'interdire les réseaux sociaux ?

Daniel Wolff, formateur en numérique, voit d'un bon œil l'idée d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. « Même si les adolescents contournent cette interdiction – tout comme ils parviennent à acheter de l'alcool ou des cigarettes –, une interdiction générale serait beaucoup plus difficile à contourner pour les plus jeunes et pourrait, dans certains cas, prévenir des dommages », explique M. Wolff pour en souligner les avantages.

Les parents ne doivent pas céder à l'alarmisme, mais jouer un rôle actif dans le dialogue.

Daniel Süss, psychologue des médias

Daniel Süss, quant à lui, n'est pas très favorable à ce genre de restrictions ; il estime qu'une interdiction générale des réseaux sociaux pour les adolescents n'est guère efficace. « De telles mesures ne font souvent que donner un faux sentiment de sécurité aux responsables politiques et aux parents, tandis que les adolescents contournent ces blocages à l'aide de VPN et se tournent vers des espaces non réglementés. »

Au lieu de cela, Süss plaide en faveur d'une promotion systématique de l'éducation aux médias et d'une plus grande responsabilisation des opérateurs de plateformes. « Les parents ne devraient pas céder à l'alarmisme, mais jouer un rôle actif dans le dialogue. »

Le monde numérique est souvent plus prévisible que la réalité

Oliver Bilke-Hentsch souligne que le smartphone peut tout à fait servir de source de détente pour les adolescents – il suffit d'examiner de près quel type de stressil permet d'évacuer.

Ceux qui ont fourni des efforts intellectuels intenses toute la journée à l'école recherchent souvent, le soir venu, des stimulations simples. Une courte vidéo ou un jeu procure un sentiment de réussite immédiat sans grand effort. Le cerveau passe en mode veille, la pression intellectuelle s'atténue.

Mais selon Bilke-Hentsch, la raison profonde de cette fascination réside dans la prévisibilité : « Le monde numérique est souvent bien plus prévisible que la réalité », explique le psychiatre.

Les adolescents se trouvent à une période de leur vie où ils ont souvent peu de contrôle sur le monde réel : ils sont financièrement dépendants, ont peu leur mot à dire et leur avenir est une grande page blanche. Dans un jeu vidéo ou dans la logique familière de leurs flux sur les réseaux sociaux, en revanche, ce sont eux les acteurs. Ils comprennent les règles, obtiennent des résultats et font bouger les choses avec des personnes qui partagent leurs idées.

Il est donc tentant de se plonger dans les univers numériques. Dans une certaine mesure, cela reste acceptable, mais les parents ne doivent pas manquer le moment où la consommation médiatique devient préoccupante.

Comment les parents peuvent-ils repérer les comportements problématiques ?

Oliver Bilke-Hentsch conseille aux parents de se référer aux critères classiques d'une addiction. Il s'agit moins du temps passé devant l'écran que du comportement qui se cache derrière. L'augmentation de la dose est un signal d'alarme clair : pour obtenir le même effet satisfaisant, on fait défiler les contenus de plus en plus vite et de manière de plus en plus intense – certains adolescents vont même jusqu'à doubler la vitesse de lecture des vidéos pour absorber davantage de stimuli en moins de temps.

À cela s'ajoute la perte de contrôle : la ferme résolution de poser son téléphone portable au bout de quelques minutes échoue sans cesse face à une résistance intérieure. Si, en le posant, on ressent en outre un sentiment de malaise – la peur constante de passer à côté de quelque chose (FOMO) –, c'est là un autre signal d'alarme. La situation devient particulièrement critique lorsque les contacts sociaux sont négligés ou que des étapes importantes du développement ne sont pas franchies, alors même que les jeunes savent secrètement que leur comportement leur nuit.

Est-ce que faire défiler les pages est toujours aussi amusant ?

Selon l'expert, la question du plaisir est un point crucial : est-ce que faire défiler son écran ou jouer à des jeux vidéo procure encore du plaisir ? « On voit parfois des joueurs assis devant leur écran, complètement tendus, qui doivent continuer alors que le plaisir a disparu depuis longtemps », explique Bilke-Hentsch.

Alors qu'un enfant de onze ans passionné ne peut que réagir par de la frustration ou de l'agressivité lorsqu'on l'interrompt dans son jeu – ce qui, à l'adolescence, constitue dans une certaine mesure une façon normale d'évacuer sa frustration –, la personne dépendante est totalement incapable de prendre la décision d'arrêter.

Il est intéressant de noter que les personnes dépendantes des médias ont souvent conscience de leur état. Contrairement à d'autres troubles psychiques, les personnes concernées savent généralement très bien qu'elles sont dépendantes, mais ne parviennent plus à changer cette situation par leurs propres moyens. Malgré la gravité de la situation, le psychiatre Bilke-Hentsch apporte une mise au point : d'un point de vue clinique, les dépendances aux médias ne font pas partie des troubles psychiques les plus graves.

Les enfants sont conscients des problèmes liés à l'utilisation du téléphone portable

Les entretiens menés auprès des élèves de l'école secondaire d'Adelboden montrent que les enfants et les adolescents sont tout à fait conscients que l'utilisation du téléphone portable peut aussi poser problème.

Elijah dit par exemple : « Il m'arrive parfois, quand je fais défiler mon fil d'actualité, de me rendre compte que j'avais en fait prévu de faire autre chose, mais que je continue quand même à regarder des vidéos. Je pose alors mon téléphone et je vais voir des collègues, par exemple. Quand je fais une activité comme le « ski de randonnée », je n'ai aucun mal à poser mon téléphone. »

Et il ajoute : « Quand on joue au foot, j'ai bien mon portable dans la poche de ma veste, mais je n'en ai plus du tout besoin. À l'école, on doit rendre nos portables ou les laisser à la maison. En fait, je trouve ça bien, parce que sinon, tout le monde serait probablement scotché à son portable ou ferait n'importe quoi. »

Daniel Wolff, expert en numérique :

5 conseils pour les parents

1. La « règle d'or » de l'éducation aux médias 

« Tu peux venir me voir pour tout ce que tu as vu sur Internet. Je ne te confisquerai pas ton smartphone. » Raison : les enfants tombent souvent par hasard sur des contenus perturbants. S'ils craignent que le fait d'en parler n'entraîne la confiscation de leur téléphone, ils se taisent – et restent seuls face à leur traumatisme. L'objectif est d'éviter que la communication ne soit coupée.

2. La règle «Pas d'écran avant trois ans»

  • Pas de « tétines numériques » : les smartphones ou les tablettes ne doivent jamais servir à « calmer » les enfants pendant les repas, lors du change ou dans la poussette.
  • Commencer tôt : idéalement, la sensibilisation commence dès la grossesse. Le bébé a besoin de voir le visage de sa mère ou de son père, pas l'arrière d'un boîtier.

3. Règles relatives aux locaux et au matériel

  • La chambre est une zone sans téléphone portable : les appareils (y compris la Nintendo Switch) n'ont rien à faire dans la chambre des enfants la nuit.
  • Utiliser des réveils analogiques : comme les enfants savent que leurs parents utilisent leur téléphone portable comme réveil, ils veulent en faire autant. Un réveil analogique permet de contourner cet argument.
  • Pas d'écouteurs pour les enfants : cela permet aux parents de rester à l'écoute de ce qui se passe dans la chambre des enfants.
  • Utilisation dans le salon : les médias devraient être consommés en famille ou, à tout le moins, en présence des parents dans les pièces communes, et non de manière isolée, à l'abri des regards.

4. Privilégier la sensibilisation plutôt que les interdictions 

Explique à ton enfant comment fonctionnent les applications :

  • Le «sucre numérique» : ce terme souligne le fait que des applications comme YouTube Shorts ou TikTok agissent comme des «bonbons» pour le cerveau et sont délibérément conçues pour qu'on ne puisse plus s'en passer.
  • Intérêts commerciaux : expliquer aux enfants que les entreprises cherchent à gagner de l'argent grâce à leur temps de vie.

5. Prendre au sérieux son rôle de modèle 

Les enfants imitent le comportement des adultes.

  • Vérifie le code PIN : selon Wolff, 90 % des enfants connaissent le code PIN de leurs parents.
  • Celui qui passe son temps devant son écran perd toute crédibilité.
  • Jeûne numérique : montrer à l'enfant qu'on peut se détendre même sans écran.
  • Elijah raconte également qu'il lui est déjà arrivé de s'endormir, son téléphone portable à la main. C'est précisément ce genre de situation que Daniel Wolf juge particulièrement problématique. Il déclare : « La plus grande erreur en matière d'éducation aux médias est de permettre à un enfant ou à un adolescent d'emporter un smartphone, une tablette ou une Nintendo Switch dans son lit. La lumière bleue n'est là que le moindre des problèmes. Il s'agit de la dépendance, des contenus – et surtout de ce que les enfants font en cachette avec l'appareil pendant que leurs parents dorment à quelques mètres de là. »

Extrait du livre de Daniel Wolff : Seul avec son téléphone portable. Comment protéger nos enfants. Éditions Heyne, 2024.

Ce texte a été initialement publié en allemand et traduit automatiquement à l'aide de l'intelligence artificielle. Veuillez noter que la date de publication en ligne ne correspond pas nécessairement à la date de première publication du texte. Veuillez nous signaler toute erreur ou imprécision dans le texte : feedback@fritzundfraenzi.ch