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Comment s'entraîner à parler et à réciter avec des enfants

Temps de lecture: 6 min
Qu'il s'agisse d'un exposé, d'une présentation de livre ou simplement de prendre la parole : beaucoup d'enfants ont du mal à s'exprimer devant les autres. Mais ces situations de prise de parole peuvent s'entraîner, même à la maison.
Texte : Antonia Spohr

Photo : Getty Images

La classe est tournée vers l'avant. Julian se tient près du tableau, le cœur bat à tout rompre, il a la bouche sèche. Il va bientôt faire son exposé sur les stations d'épuration. Il se souvient alors de ce qu'il a répété chez lui : « Imagine que tu es un T-Rex puissant. C'est comme ça que tu avances », lui a conseillé son père.

Julian lève la tête, se redresse, sent la force dans ses jambes et respire profondément dans sa poitrine musclée de dinosaure avant de commencer à parler. Ce n'est pas parfait, mais il a de l'assurance. Ce que Julian vit ce matin-là, beaucoup d'enfants le connaissent. Qu'il s'agisse d'un exposé, d'une récitation de poème ou d'une intervention en classe : parler devant les autres fait partie des plus grandes épreuves de courage de la scolarité.

Certes, ces situations de communication sont déjà mises en pratique aujourd'hui dans les petites classes, mais cela ne signifie pas pour autant qu'elles soient faciles. Certains enfants aiment être au centre de l'attention, d'autres préfèrent observer en silence. Le tempérament, le développement du langage et les expériences passées jouent ici un rôle important.

Que peuvent faire les parents si leur enfant a du mal à s'exprimer à l'oral, si la simple idée d'un exposé ou d'une présentation de livre fait perler des gouttes de sueur sur le front de leur fils ou de leur fille ? Ces conseils issus de l'entraînement vocal et oratoire sont également utiles aux élèves :

1. Redéfinir ce sentiment

Le trac n'est pas un défaut, mais un signal d'alarme de l'organisme qui nous prépare à une situation importante. Le cœur bat fort, les mains transpirent, le pouls s'accélère ; exactement comme avant de monter dans des montagnes russes. Les parents peuvent aider leur enfant à recadrer cette excitation : « Ce que tu ressens en ce moment, c'est exactement ce que ressentent les gens avant de monter dans de grandes montagnes russes. D'autres paient le prix d'entrée pour vivre ces sensations fortes. »

Celui qui accorde plus d'importance au contenu qu'à lui-même devient automatiquement plus serein.

Essayer de réprimer sa nervosité ne fait que la renforcer. C'est comme lorsqu'on reste éveillé la nuit : plus on s'efforce de s'endormir, plus on devient alerte. Lorsque les enfants apprennent à considérer l'excitation physique non pas comme un ennemi, mais comme une source d'énergie, la tension se transforme en concentration.

2. Faire de son corps un allié

L'excitation est inévitable, mais on peut la maîtriser physiquement. Pour cela, les enfants n'ont pas besoin d'exercices compliqués, mais simplement d'images qui leur donnent de la force. « Imagine que tu es un T-Rex puissant. C'est comme ça que tu avances vers le tableau. » Cette simple image suffit à modifier la posture et la respiration. Les épaules se redressent, le regard se lève, la voix s'affirme.

La musique peut aussi aider : une chanson qui résonne dans la tête et qui donne de l'énergie – comme « Unstoppable » de Sia ou « Let It Go » du film Disney « La Reine des neiges » –, et déjà, aller de l'avant devient quelque chose que l'on façonne activement, et non plus quelque chose qui nous arrive. Ces petites astuces d'incarnation permettent à l'enfant de sortir de la spirale de la peur. Car celui qui se sent fort ne se contente plus de réfléchir à la parole ; il la vit.

Des chansons comme «Unstoppable» de Sia peuvent aider à se montrer plus sûr de soi.

3. Changer de perspective

Beaucoup d'enfants perçoivent les exposés comme une situation d'évaluation : que pensent les autres de moi ? Comment est ma voix ? Ai-je l'air bizarre ? Mais un exposé n'est pas un concours de beauté. C'est un service rendu à la classe. La question n'est pas « Comment suis-je perçu ? », mais « Qu'est-ce qui pourrait intéresser les autres dans mon sujet ? »

Ce léger changement de perspective – passer de l'introspection à l'attention portée au public – allège la pression et lui donne un sens. Celui qui accorde plus d'importance au contenu qu'à lui-même se sent automatiquement plus serein.

Comment les parents peuvent encourager leurs enfants à s'exprimer au quotidien

Le courage de s'exprimer ne s'acquiert pas lors d'un cours de rhétorique, mais au fil de nombreux petits moments où les enfants se rendent compte qu'ils ont le droit de s'exprimer. Un coup de fil au dentiste pour prendre rendez-vous pour un contrôle. Une blague lors d'un repas en famille. Un tour de magie devant les invités d'un anniversaire. Tout ce qui demande de l'attention renforce la confiance en soi.

Et la vie quotidienne offre de nombreuses occasions de le faire : au restaurant, un enfant devrait pouvoir commander tout seul, même si cela prend un peu plus de temps. Ou bien, dans un magasin, il peut demander où se trouve un article. Parfois, il suffit simplement d'aller chercher soi-même ses billets à la caisse du cinéma ou de passer sa commande à la glacerie. Ces situations peuvent sembler anodines, mais elles enseignent aux enfants qu'ils peuvent s'exprimer et que cela a des conséquences positives.

Il est toutefois important de ne pas trop en demander aux enfants. Certains enfants sont si timides que même de petites situations où ils doivent parler peuvent les submerger. Dans ces cas-là, ce ne sont pas les encouragements qui aident, mais le fait de les soulager, l'humour et la sécurité. Le courage ne naît pas de la pression, mais de la confiance.

Souvent, la réticence ne vient pas du fait de parler en soi, mais du fait que les enfants se sentent mal à l'aise face à des inconnus. Ils ne savent pas à quoi s'attendre et préfèrent donc se replier sur eux-mêmes. Lorsque les adultes prennent ces incertitudes au sérieux, elles perdent de leur caractère menaçant.

Plus un enfant a l'impression que son avis compte, plus il s'exprime naturellement.

Au lieu de dire : « Allez, commande ta glace tout seul ! », on peut s'entraîner ensemble de manière ludique. Les jeux de rôle créent un espace protégé où l'enfant peut s'essayer à de nouvelles choses. Parfois, il suffit simplement d'aller ensemble à la glacerie la première fois, puis d'oser un signe de tête ou un petit merci la fois suivante. À chaque petit pas, la confiance grandit et parler devient un peu plus naturel.

Les jeux de société tels que « Taboo », « Pictionary » ou « Qui suis-je ? » permettent en outre de s'entraîner à s'exprimer spontanément devant les autres. Félicitez-les pour leur courage, pas seulement pour le résultat. Et n'hésitez pas à leur parler de votre propre nervosité : cela les encouragera en les mettant sur un pied d'égalité. Plus les enfants auront l'impression que leur opinion compte, plus ils s'exprimeront naturellement.

Au final, c'est l'expérience qui compte, pas la perfection

Le courage ne naît pas des paroles d'encouragement, mais de la répétition. Quiconque a déjà fait l'expérience de pouvoir parler même si ses genoux tremblent emporte ce sentiment avec lui dans chaque nouvelle situation. Car la confiance en soi ne grandit pas lorsque tout réussit. Elle grandit lorsque nous réalisons : « Je peux y arriver. Et j'ai quelque chose à dire. »

Suggestion de lecture

Antonia Spohr : Un loup-garou qui a le trac. Hase und Igel 2026, 143 pages, 13 francs.
Ce texte a été initialement publié en allemand et traduit automatiquement à l'aide de l'intelligence artificielle. Veuillez noter que la date de publication en ligne ne correspond pas nécessairement à la date de première publication du texte. Veuillez nous signaler toute erreur ou imprécision dans le texte : feedback@fritzundfraenzi.ch