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L'autorité : le grand retour : 20 questions sur le nouveau style d'éducation

Temps de lecture: 22 min
Compréhensifs, bienveillants, sur un pied d'égalité : c'est ainsi qu'il faut éduquer les enfants aujourd'hui. Seulement, au quotidien, cet idéal se heurte à ses limites. Comment les parents et les enseignants peuvent-ils néanmoins s'imposer? De quel degré d'encadrement les enfants ont-ils besoin ?
Texte : Julia Meyer-Hermann

Photos : Marvin Zilm / 13 Photo

De nos jours, de nombreux parents ont l'impression de devoir tout être à la fois : compréhensifs, patients, ouverts d'esprit… tout en restant cohérents. On leur demande de communiquer d'égal à égal, de fixer des limites avec bienveillance, d'accompagner leurs enfants dans leurs moments de colère et de faire preuve de sérénité, alors qu'intérieurement, ils ont depuis longtemps atteint leurs limites. Entre l'attention portée aux besoins de leurs enfants et le sentiment d'être dépassés, le désir de clarté ne cesse de grandir.

Et soudain, un mot longtemps mal vu refait surface : l'autorité. Dans les débats actuels, on parle souvent de « nouvelle autorité », un concept développé notamment par le psychologue israélien Haim Omer. Mais qu'est-ce que cela recouvre exactement ? S'agit-il d'un retour aux anciennes notions d'obéissance, de punition et de contrôle, ou d'une tentative de repenser les repères ?

Cette approche n'est pas tout à fait nouvelle : en psychologie du développement et en pédagogie, on débat depuis des décennies de la manière dont on peut concilier proximité et autorité. La psychologue du développement américaine Diana Baumrind a défini, avec son modèle d’« éducation autoritaire », un style qui allie sensibilité et dialogue à une structure et une orientation claires. Le thérapeute familial danois Jesper Juul a lui aussi souligné à maintes reprises que les enfants ont besoin d'encadrement – non pas par la pression ou la punition, mais grâce à la relation, à la présence et à la clarté des adultes.

Ce dossier explore la question de savoir comment l'autorité peut être exercée avec succès aujourd'hui. Pour ce faire, nous avons posé à des experts des domaines de l'éducation et du développement des questions importantes sur le thème de l'autorité, notamment celles qui préoccupent régulièrement les parents dans leur quotidien éducatif.

Nos experts :

1. Pourquoi l'autorité fait-elle actuellement son grand retour ?

Pour pouvoir replacer dans son contexte la thèse du retour de l'autorité, il faut faire la distinction entre la réalité quotidienne et le discours social qui s'y rapporte. La relation entre parents et enfants a toujours été complexe et n'a jamais été clairement définie. Un aspect essentiel n'a toutefois jamais changé : dans certaines situations, ce sont les parents qui prennent les rênes. Lorsqu'il s'agit de danger, par exemple, ils disent clairement : « Non, tu attends maintenant. » Cette forme d'autorité n'a jamais disparu.

Ce qui a changé, c'est le discours social. Aujourd'hui, il existe de nombreuses conceptions de ce que devrait être l'éducation idéale – par exemple, expliquer tout ce qui est possible, prendre les décisions ensemble ou convaincre l'enfant. Ces conceptions sont souvent très idéalistes et coexistent avec la réalité sans vraiment la refléter.

Aujourd'hui, les enfants sont davantage encadrés, contrôlés et surveillés qu'autrefois – même si c'est sous une autre forme.

Allan Guggenbühl, psychologue et psychothérapeute

En même temps , le quotidien a changé : il y a moins d'enfants, plus de temps, plus d'attention. Aujourd'hui, les parents investissent beaucoup d'énergie, d'amour et d'attention affective. Les enfants occupent une place bien plus centrale. On discute donc davantage, on négocie davantage – mais cela ne signifie pas pour autant qu'on dirige moins.

L'idée selon laquelle les parents auraient aujourd'hui moins d'autorité est donc réductrice. À bien des égards, les enfants sont aujourd'hui encore plus encadrés, contrôlés et surveillés qu'autrefois – même si c'est sous une autre forme.

Allan Guggenbühl, psychologue et psychothérapeute, fondateur et directeur de l'Institut de gestion des conflits (IKM) à Zurich

2. Pendant longtemps, le terme « autorité » avait une connotation négative. Aujourd'hui, il refait surface de plus en plus souvent dans divers courants de pensée. Qu'est-ce qui a changé ?

Beaucoup de gens sont d'abord effrayés par le terme « autorité », car ils l'associent à une éducation autoritaire – c'est-à-dire au pouvoir, à la punition ou au contrôle. C'est l'image classique que beaucoup d'entre nous ont encore en tête depuis leur propre scolarité. Il existe cependant une différence fondamentale entre les figures d'autorité et les personnes autoritaires.

Le terme « autorité » vient du latin et signifie en substance « conseiller responsable ». Les approches actuelles vont dans ce sens : il s'agit pour les parents d'être présents dans la vie de leurs enfants et de leur donner des repères, sans pour autant les dominer.

Haim Omer, fondateur de la « Nouvelle Autorité », a exercé en tant que psychologue clinicien et a côtoyé des parents confrontés à des situations éducatives très difficiles et qui se sentaient dépassés. Il s'est notamment inspiré de principes issus de mouvements politiques, tels que ceux de Mahatma Gandhi ou de Martin Luther King, pour les transposer au domaine de l'éducation. La non-violence et l'importance accordée aux relations ont ainsi été au cœur de cette approche dès le début.

Doris Brodmann, coach parentale certifiée (Nouvelle Autorité / Résistance non violente) ; elle travaille avec les écoles et les parents dans les domaines de l'éducation, de la prévention et de l'encadrement

3. Pourquoi les explications et les discussions ne fonctionnent-elles souvent pas au quotidien, alors que les parents s'y efforcent justement ?

De nombreux parents essaient de convaincre leurs enfants par des arguments. Ils expliquent pourquoi une chose est judicieuse et espèrent que l'enfant comprendra de lui-même pourquoi il devrait, par exemple, s'arrêter. Cette approche correspond également à l'idéal éducatif actuel. Dans la pratique, cependant, elle s'avère souvent peu efficace. La raison tient au développement de l'enfant. Les enfants ne sont pas encore capables d'assimiler pleinement de tels arguments. Leur maîtrise de leurs impulsions n'est pas encore au point. Le besoin immédiat – par exemple, continuer à regarder ou à jouer – a pour eux beaucoup plus de poids qu'une justification abstraite.

Allan Guggenbühl

Une mère et sa fille avec un poulet
Michèle Wipf avec sa fille Amira et une poule. Elle sait aussi se montrer stricte lorsque ses enfants ne respectent pas les règles convenues. Pour en savoir plus, cliquez ici.

4. Comment se déroule l'accompagnement des enfants au quotidien, au sein de la famille, selon le concept de la « Nouvelle Autorité » ?

Les parents fixent des limites claires tout en restant en contact avec leur enfant. Un enfant a le droit d'être frustré ou en colère – cela fait partie du processus. Il a aussi le droit de dire : « Tu es bête. » L'essentiel, c'est que la limite reste néanmoins en place.

La « résistance non violente » – c'est-à-dire un comportement ferme mais non violent – est essentielle. Les parents ou les personnes de référence restent présents, expriment clairement leur position (« Je ne suis pas d'accord avec ça ») sans aggraver la situation ni exercer de pression. Il ne s'agit donc pas de céder, mais d'être clair sans aggraver la situation. Les parents accompagnent l'enfant, restent présents et supportent la situation, au lieu de se lancer dans des luttes de pouvoir ou de recourir à des punitions.

Deborah Forster, conseillère auprès de « Elternnotruf Schweiz » et coach en « nouvelle autorité »

5. Quel est l'impact sur le développement des enfants lorsqu'on ne leur impose pratiquement aucune limite ?

Une approche dans laquelle les enfants fixent eux-mêmes toutes leurs règles ne favorise pas leur autonomie, mais tend plutôt à les rendre plus hésitants.

Les enfants apprennent à contrôler leurs impulsions en découvrant qu'il existe des règles – et que leur comportement a des conséquences. Les fonctions dites exécutives – c'est-à-dire la capacité à contrôler ses impulsions, à réguler ses émotions et à adapter son comportement – ne se développent pas d'elles-mêmes. Elles résultent de l'interaction entre la maturation biologique, notamment au niveau du cortex préfrontal, et l'expérience sociale.

Les règles et la structure aident les enfants à comprendre leur environnement et à s'y adapter.

Moritz Daum, psychologue du développement

Les enfants doivent apprendre à distinguer ce qu'ils ont le droit de faire de ce qu'ils n'ont pas le droit de faire. Ils apprennent à réprimer leurs impulsions, par exemple à ne pas renverser un jeu par frustration, ou à respecter les règles. Sans ce cadre, les bases nécessaires à ce développement font défaut.

Les règles et la structure aident les enfants à comprendre leur environnement et à s'y adapter. L'absence de ces repères a des répercussions à long terme sur leurs capacités émotionnelles et cognitives.

Moritz Daum, professeur de psychologie du développement à l'université de Zurich

6. Une vie familiale harmonieuse est considérée comme un idéal. Comment cela s'accorde-t-il avec le concept de la « Nouvelle Autorité », qui prône le conflit ?

L'idée selon laquelle l'éducation devrait se dérouler de la manière la plus harmonieuse possible est certes très répandue, mais elle ne correspond pas à la réalité. Quand on a des enfants, des conflits surgissent inévitablement . Il y a des situations où les enfants contredisent leurs parents, font des caprices ou les rejettent. Cela fait partie intégrante de la relation. Bien sûr, il y a aussi de nombreux moments agréables, intimes et harmonieux, mais ils ne constituent qu'une partie de l'ensemble.

Le problème survient lorsque l'harmonie devient la norme. Les parents tentent alors d'éviter les conflits ou de les repousser. Ils s'attardent plus longtemps à expliquer et à négocier, alors que la situation exigerait en réalité une décision claire. Les relations – y compris entre parents et enfants – se composent toujours de différents éléments : proximité, conflit, confrontation, questions de pouvoir. L'idée selon laquelle une « bonne » famille doit être harmonieuse en permanence est donc une fausse image à laquelle de nombreux parents se heurtent inutilement.

Allan Guggenbühl

Une nouvelle autorité : mère et fils
Maddalena Barblan et son fils : les limites que les parents fixent à leur enfant doivent être adaptées à son stade de développement. Pour en savoir plus, cliquez ici.

7. Comment les parents devraient-ils idéalement réagir dans les situations conflictuelles ?

L'un des principes fondamentaux de la « Nouvelle Autorité » est ce qu'on appelle le « report ». Je nomme clairement ce qui s'est passé, mais je ne réagis pas immédiatement. Par exemple : « J'ai entendu ce que tu as dit. Ce n'est pas acceptable. Je vais y réfléchir et nous en parlerons plus tard. »

Ce comportement n'est donc pas accepté, mais cela me permet de gagner du temps. Je peux me calmer, réfléchir et faire part de mes préoccupations aux autres : comment dois-je réagir ? Qu'est-ce qui compte pour moi ?

C'est justement dans les situations où d'autres enfants regardent ou où la pression est forte que ce délai permet d'éviter que la situation ne dégénère. En même temps, cela donne aussi à l'enfant le temps de réfléchir à son comportement.

Doris Brodmann

8. Ce concept peut-il également s'appliquer aux enfants atteints de TDAH, d'autisme ou ayant d'autres besoins particuliers ?

Les principes fondamentaux de la « Nouvelle Autorité » – présence, autorégulation et relation – restent les mêmes quel que soit l'enfant. Cette fiabilité revêt souvent une importance particulière, notamment chez les enfants ayant des besoins spécifiques.

Ce qui change, c'est la mise en œuvre concrète au quotidien. Les enfants atteints de TDAH, d'un trouble du spectre autistique ou d'autres difficultés ont souvent besoin de structures plus claires, d'un soutien accru ou d'autres formes de communication. Les parents et les professionnels doivent ici adopter une approche très personnalisée.

Mais l'essentiel est là : l'accent n'est pas mis sur le fait de « modeler » l'enfant, mais sur la manière dont les adultes structurent son environnement. Ce sont eux qui lui fournissent des repères, qui adaptent leur comportement aux besoins de l'enfant – et créent ainsi un cadre stable et solide propice à son développement.

Susan Krausse, assistante sociale et copropriétaire de Sina, l'Institut systémique pour une nouvelle autorité à Zurich

Le leadership se manifeste par la cohérence et la présence, et non par l'imposition.

Deborah Forster, conseillère parentale

9. Que faire lorsque les enfants ignorent les demandes et ne coopèrent pas ?

On ne peut pas forcer un enfant à se comporter d'une certaine manière. Les parents ne peuvent pas contrôler si un enfant coopère ; ils ne peuvent qu'influencer leur propre comportement. Cela signifie rester calme et ferme, et ne pas se laisser entraîner dans des luttes de pouvoir. Dans ce contexte, le leadership s'exprime par la cohérence et la présence, et non par l'imposition de sa volonté.

En même temps, la mère et le père doivent savoir gérer la frustration, tant la leur que celle de leur enfant. Il est normal que les enfants manifestent de la résistance. L'important est de s'en tenir aux règles convenues et d'y revenir régulièrement. Ce sont les parents qui fixent le cadre, et ce cadre reste en vigueur même si l'enfant ne s'y conforme pas immédiatement.

Deborah Forster

10. Comment les parents peuvent-ils éviter de se laisser submerger par la colère ou la frustration ?

Les réactions des parents sont souvent fortement influencées par leur propre histoire. Lorsqu'un enfant dit ou fait quelque chose qui les provoque ou les blesse, les parents se retrouvent sous pression – et c'est là que les vieux schémas refont souvent surface. Des pensées telles que « Cet enfant ne doit pas me marcher sur la tête » leur viennent alors à l'esprit. Ces phrases semblent refléter des valeurs claires, mais il s'agit en réalité d'anciennes croyances ou convictions avec lesquelles beaucoup d'entre nous ont grandi.

Elles affaiblissent les parents, car elles accentuent la pression de devoir réagir immédiatement. Dans les situations de stress aigu, il s'agit d'interrompre l'escalade, par exemple en quittant brièvement la pièce, en prenant une grande inspiration, en se recentrant intérieurement ou en confiant la situation à quelqu'un d'autre. Il est important de repérer à temps quand la « cocotte-minute » est sur le point d'exploser.

En même temps, ce concept part du principe que des erreurs peuvent se produire. L'essentiel n'est pas de tout faire correctement, mais d'être capable de réparer : s'excuser, renouer le dialogue et reprendre les rênes.

Susan Krausse

Source : Famille Schäfer
Corina Schäfer souhaite guider ses adolescents au quotidien, leur fixer des limites claires, tout en leur laissant la liberté de faire leurs propres expériences. Pour en savoir plus, cliquez ici.

11. N'y a-t-il pas un risque qu'un enfant pense qu'il peut s'en tirer à bon compte avec son comportement si le conflit est simplement reporté ?

Ce qui compte avant tout, c'est la persévérance. Il ne suffit pas de remettre une situation à plus tard : il faut y revenir par la suite.

Lorsque les adultes reviennent sur un sujet, ils montrent ainsi : « C'est important pour moi, je ne lâcherai pas le morceau. » Cela augmente les chances que l'enfant réfléchisse à son comportement. Souvent, cela favorise également sa disposition à assumer ses responsabilités ou à s'excuser. Les enfants prennent ainsi conscience que des limites existent – sans pour autant qu'il faille les imposer au moment même où la situation dégénère.

Doris Brodmann

Une étape essentielle consiste à clarifier ses propres valeurs : qu'est-ce qui compte vraiment pour moi dans mes relations avec mon enfant ?

Susan Krausse, assistante sociale

12. L'autorité parentale peut-elle nuire à la relation avec l'enfant ?

Les difficultés relationnelles ne peuvent pas être simplement attribuées à l'autorité ou à la sévérité. Les parents et les enfants sont des personnalités à part entière. Il n'est pas évident qu'ils s'entendent ou s'accordent bien. Le tempérament, les valeurs, les centres d'intérêt – tout cela joue un rôle. Il se peut qu'on ne s'entende pas sur certains points, que les intérêts divergent ou qu'il y ait peu de compréhension mutuelle. Rétrospectivement, une relation tendue s'explique alors souvent par une éducation « trop autoritaire » – mais il s'agit souvent d'une interprétation a posteriori.

La réussite d'une relation ne dépend pas uniquement du style parental, mais aussi de la capacité à établir et à entretenir un lien malgré les différences existantes.

Allan Guggenbühl

13. Comment les parents peuvent-ils adopter une ligne de conduite claire au quotidien sans se perdre dans des corrections incessantes ?

Une étape essentielle consiste à clarifier ses propres valeurs : qu'est-ce qui compte vraiment pour moi dans mes relations avec mon enfant ? Cette orientation découle souvent d'une réflexion sur ses propres expériences – par exemple, quelles figures d'attachement m'ont apporté un soutien durant mon enfance et comment elles se sont comportées.

Dans un deuxième temps, on peut en déduire des attitudes concrètes, par exemple : est-ce que je maintiens le contact même dans les moments difficiles ? Est-ce que je fais preuve de patience lorsque mon enfant commet des erreurs, sans me replier sur moi-même ? Ces questions aident à définir sa propre ligne de conduite.

Au quotidien, cela allège considérablement la charge. En effet, cela signifie que les parents n'ont pas à réagir à chaque petit détail. Au lieu de se laisser entraîner dans une agitation permanente – corriger tout et n'importe quoi, intervenir partout –, il s'agit de se concentrer délibérément sur quelques points vraiment essentiels. Cette clarté apporte un repère – tant pour les parents que pour l'enfant.

Susan Krausse

Un père et son fils en train de jouer à des jeux vidéo
Michael Scheurer ne souhaite pas seulement réglementer le jeu vidéo, mais aussi le comprendre. C'est pourquoi il y joue lui-même.

14. Les parents souhaitent que leurs enfants agissent de manière autonome tout en respectant certaines règles. Comment réussir ce grand écart entre autonomie et limites claires ?

Les enfants ont besoin d'un cadre qui leur serve de repère sans pour autant les restreindre. Ce cadre ne doit être ni trop étroit, ni trop large. Si les limites sont trop étroites, les enfants ne peuvent pas s'essayer à de nouvelles choses ni faire leurs propres expériences. Si elles sont trop larges, ils manquent de repères et se sentent perdus.

Il est essentiel que ce cadre soit adapté au stade de développement de l'enfant et qu'il évolue en fonction de celui-ci. Un exemple simple permet d'illustrer clairement ce principe : un puzzle ne doit être ni trop difficile ni trop facile, sinon l'enfant perdra sa motivation, car il se sentira soit dépassé, soit sous-stimulé.

Et même si le niveau de difficulté est globalement adapté, il peut être utile d'apporter un peu d'aide, par exemple en préparant certaines parties ou en donnant des indications. L'enfant se sent ainsi compétent, impliqué et autonome à la fois : il résout la tâche tout seul, mais dans un cadre qui lui procure un sentiment de sécurité.

Moritz Daum

Une approche éducative ne se construit pas du jour au lendemain. C'est un processus qui prend du temps.

Deborah Forster, conseillère parentale

15. Dans quelle mesure les enfants devraient-ils être associés à l'élaboration des règles et à la prise de décisions ?

La participation est utile, mais elle a ses limites. Les questions et les valeurs fondamentales doivent d'abord être clarifiées par les adultes. Les enfants peuvent être impliqués, mais ils ne doivent pas assumer la responsabilité de définir la direction à suivre.

La « nouvelle autorité » signifie donc une relation d'égal à égal, mais la responsabilité incombe toujours aux adultes.

Susan Krausse

16. Peut-on adopter une nouvelle approche éducative même tardivement en tant que parents, et ce même si l'on a soi-même été élevé d'une manière tout à fait différente ?

Une telle attitude peut s'acquérir, mais elle ne se construit pas du jour au lendemain. C'est un processus qui prend du temps. Il est essentiel de se livrer à une réflexion sur soi-même : sur son histoire, ses valeurs et ses réactions. Parallèlement, les échanges avec les autres – par exemple avec son partenaire, d'autres parents ou des professionnels – sont d'une grande aide. De nombreux parents subissent la pression de vouloir tout faire correctement. Dans la pratique, il s'agit plutôt de trouver une attitude qui nous corresponde. Le conseil, le coaching ou encore l'accompagnement thérapeutique peuvent être d'un grand soutien. Ils aident non seulement à comprendre cette attitude, mais aussi à la mettre réellement en pratique au quotidien.

Deborah Forster

17. Dans quelle mesure est-il important que les parents adoptent une attitude commune ?

Lorsque les parents agissent de manière très différente, cela crée un sentiment d'insécurité. Les enfants ont besoin de repères clairs. En leur absence, il leur est plus difficile de s'orienter. C'est pourquoi il est important que les parents se mettent d'accord sur les points suivants : quelles valeurs voulons-nous transmettre ? Comment voulons-nous nous comporter ? Qu'est-ce qui est important pour nous ? Si cela ne fonctionne pas au quotidien, il peut être utile de consulter ensemble un professionnel afin de définir une ligne de conduite commune.

Deborah Forster

Même si les adolescents cherchent à s'affirmer par rapport à leurs parents, ils ont toujours besoin de sentir qu'il y a quelqu'un pour veiller sur eux.

Moritz Daum, psychologue du développement

18. Quelle est l'importance de l'orientation et de l'accompagnement à l'adolescence ?

C'est précisément à l'adolescence que le besoin d'orientation est particulièrement important, car cette période s'accompagne de changements très rapides et profonds, tant sur le plan physique qu'émotionnel et social. Les adolescents sont en train de forger leur propre identité, ce qui est souvent source d'angoisse. C'est pourquoi ils cherchent à s'orienter, soit auprès de leurs parents, soit, de plus en plus, au sein de leur groupe de pairs.

Même si les adolescents cherchent à s'affirmer par rapport à leurs parents, ils ont toujours besoin de sentir qu'il y a quelqu'un qui se soucie d'eux, qui reste présent et qui leur donne des repères. La relation et l'estime jouent ici un rôle central.

Moritz Daum

19. De nombreux parents sont très stressés ou épuisés au quotidien, surtout lorsqu'ils doivent tout assumer seuls. Comment peuvent-ils rester capables d'agir dans de telles situations ?

L'important n'est pas seulement de se concentrer sur l'instant présent, mais aussi de se poser la question suivante : d'où puis-je puiser mon énergie ? Car sans énergie, il est pratiquement impossible de rester présent et serein.

Prendre soin de soi joue ici un rôle central, même si cela peut s'avérer difficile à mettre en pratique dans de nombreuses familles. Il est essentiel de se faire aider et de ne pas rester seul : que ce soit grâce à son partenaire, aux grands-parents, à d'autres personnes de confiance ou à des services spécialisés.

Un autre point important consiste à établir des priorités. Les parents ont souvent de nombreuses choses à gérer en même temps, ce qui leur fait perdre de l'énergie. Il est utile de décider consciemment sur quoi se concentrer dans l'immédiat et ce qui peut attendre. L'objectif est de définir des petites mesures concrètes.

Doris Brodmann

20. Comment peut-on voir, à travers le développement des enfants, si la vie familiale fonctionne bien ?

Quand on examine les études, on constate des liens évidents – même s'il s'agit de moyennes et que tous les enfants ne sont pas identiques.

Les enfants qui bénéficient d'attachements sécurisants et apprennent à bien gérer leurs émotions présentent des avantages dans de nombreux domaines. Ils font preuve de plus de compétences sociales, gèrent mieux leurs émotions, nouent plus facilement des relations et sont souvent plus appréciés par leurs camarades.

Prendre soin de soi est essentiel pour avoir suffisamment d'énergie. Car sans énergie, il est pratiquement impossible de rester présent et serein.

Doris Brodmann, coach en éducation

Cela a également des répercussions sur la scolarité : lorsqu'on se sent bien, on est plus motivé, on obtient de meilleurs résultats et on se développe mieux sur le plan cognitif. À long terme, des études montrent même des liens avec la réussite scolaire, les revenus et la santé. La capacité d'autorégulation est un facteur essentiel à cet égard.

Mais il est également important de noter que les enfants sont, par nature, très résilients. Il ne s'agit pas de perfection, mais de fiabilité. C'est précisément pour cette raison que le concept de « good enough parenting » est si utile : les parents n'ont pas besoin de tout faire correctement, mais simplement d'être « assez bons ». Cela ne signifie pas « indifférent » ou « négligent », mais plutôt : je suis présent, je réagis aux besoins de mon enfant. Cela signifie aussi que je vais faire des erreurs, mais que je les reconnais et que je suis prêt à les réparer, par exemple en m'excusant. Cela soulage – et aide aussi les enfants à apprendre à gérer sainement leurs erreurs.

Moritz Daum

Ce texte a été initialement publié en allemand et traduit automatiquement à l'aide de l'intelligence artificielle. Veuillez noter que la date de publication en ligne ne correspond pas nécessairement à la date de première publication du texte. Veuillez nous signaler toute erreur ou imprécision dans le texte : feedback@fritzundfraenzi.ch